L'enfant était en vacances avec ses parents dans un chalet dans le nord de l'Ontario en 2024 lorsqu'il s'est réveillé la nuit pour trouver une chauve-souris sur son visage. Son père a attrapé l'animal dans une casserole et l'a relâché dehors. La famille n'a vu aucune égratignure ou marque de morsure évidente sur la peau du garçon. La chauve-souris ne semblait pas agressive. Ils ont donc fait un choix qui les hanterait à jamais : ils ont décidé que l'attention médicale n'était pas nécessaire. Cette décision, selon les médecins spécialistes des maladies infectieuses écrivant dans le Canadian Medical Association Journal cette semaine, était une tragédie évitable. Dix-neuf jours après la rencontre avec la chauve-souris, le garçon a commencé à ressentir des picotements, des engourdissements et un gonflement du côté droit de son visage. Son hôpital local en Ontario a constaté une fréquence cardiaque élevée et un nombre de globules blancs élevé, mais des signes vitaux par ailleurs normaux. Le jour suivant, tout s'est accéléré. Il a perdu la sensation sur la moitié de son visage. Son discours est devenu brouillé. Puis sont venus la fièvre, la confusion, les hallucinations, la difficulté à avaler et la production excessive de salive. Des symptômes classiques de la rage, bien que lorsqu'ils sont apparus, il était déjà trop tard. Après quatre jours en soins intensifs à l'hôpital pour enfants McMaster à Hamilton, Ontario, des tests ont confirmé la rage. Le virus avait atteint son cerveau. Au cinquième jour, ses réflexes du tronc cérébral avaient disparu, indiquant une perte totale de la fonction du tronc cérébral. Dix-sept jours après son admission à l'hôpital, après des consultations entre sa famille et des experts médicaux, il a été retiré du support vital et est décédé. Le cauchemar entier, de la rencontre avec la chauve-souris à la mort, a duré un peu plus de cinq semaines. Le rapport de l'équipe médicale souligne une méprise critique sur les chauves-souris et la rage. La plupart des gens imaginent un animal enragé comme étant agressif, écumant de la bouche, visiblement malade. Les chauves-souris ne suivent pas ce script. Une chauve-souris enragée peut sembler parfaitement calme. Ses dents sont si petites que les morsures peuvent être invisibles, ne laissant aucune marque. En Amérique du Nord, les chauves-souris représentent la majorité des cas de rage humaine, les chauves-souris argentées (Lasionycteris noctivagans) étant responsables de la plupart des infections au Canada. Les mouffettes, les renards et les ratons laveurs portent également la maladie, mais ce sont les chauves-souris qui posent la menace la plus insidieuse. La tragédie ici est que la rage est presque à 100% évitable avec une prophylaxie post-exposition (PPE), un protocole de traitement qui comprend le nettoyage des plaies, l'administration d'anticorps et une série de vaccins. C'est presque toujours efficace si administré avant l'apparition des symptômes. Mais une fois les symptômes apparus, l'infection est presque 100% fatale, la plupart des patients mourant en une à deux semaines. Le virus de la rage doit voyager du site d'exposition au cerveau avant que les symptômes ne se manifestent, un voyage qui peut prendre des jours ou des semaines selon l'endroit où la morsure s'est produite et d'autres facteurs. Ce garçon avait une fenêtre de 19 jours où la PPE aurait pu lui sauver la vie. Ses parents ne savaient pas qu'ils regardaient cette fenêtre se fermer.