La NASA a annoncé mardi les quatre astronautes assignés à Artemis III, une mission qui sera lancée en 2027 et restera en orbite terrestre tout en testant des procédures d'amarrage critiques avec des atterrisseurs lunaires construits par SpaceX et Blue Origin. La mission représente une étape intermédiaire cruciale avant qu'Artemis IV ne tente le premier atterrissage lunaire habité depuis Apollo 17 en 1972. Alors que la NASA n'a pas encore publié en détail complet les noms de l'équipage, l'agence a confirmé que le quatuor passera son temps en orbite terrestre basse à passer en revue chaque scénario que les futurs équipages lunaires rencontreront lors de la liaison avec les véhicules de descente. La décision de diviser ce qui était initialement conçu comme une seule mission d'atterrissage lunaire en deux vols distincts reflète des leçons difficiles apprises de décennies d'accidents de vol spatial. La NASA achète essentiellement une assurance avec une mission orbitale entière dédiée à la preuve des systèmes de rendez-vous et d'amarrage avant de faire s'engager les astronautes en orbite lunaire, où les options de sauvetage disparaissent et où les délais de communication s'allongent en secondes. Le Starship HLS (Human Landing System) de SpaceX et l'atterrisseur Blue Moon de Blue Origin s'amarreront tous deux à la capsule Orion lors du vol Artemis III, fournissant aux contrôleurs des données sur la façon dont ces véhicules massifs se comportent lorsqu'ils sont couplés ensemble. L'architecture de la mission exige une précision qui rend le programme Apollo simple en comparaison. Les futurs équipages lunaires sur Artemis IV lanceront à bord d'Orion, se rencontreront avec un atterrisseur lunaire pré-positionné en orbite halo près-rectiligne autour de la Lune, transféreront l'équipage et l'équipement, descendront à la surface pour une semaine maximum, puis inverseront tout le processus pour rentrer chez eux. Toute défaillance dans l'amarrage, les opérations de trappe ou le transfert d'équipage à 240 000 miles de la Terre se transforme en une urgence menaçant la vie sans option d'interruption vers la Terre tant que les véhicules ne se sont pas de nouveau séparés. Artemis III permet à la NASA de découvrir ces modes de défaillance en orbite terrestre où l'aide arrive en heures, pas jamais. Les deux atterrisseurs commerciaux représentent des départs radicaux du Module Lunaire d'Apollo. Le Starship HLS de SpaceX mesure plus de 160 pieds de haut et nécessitera ses propres missions de ravitaillement en orbite avant de se diriger vers la Lune, une technologie jamais tentée avec équipage à bord. Le Blue Moon de Blue Origin utilise des propulseurs plus traditionnels mais transporte une capacité de charge utile suffisante pour des opérations de surface prolongées, y compris un rover pressurisé. Tester comment le système d'amarrage d'Orion gère des véhicules aussi grands et massifs est d'une importance énorme pour les marges de sécurité. L'amarrage Apollo impliquait un Module Lunaire relativement compact pesant 15 tonnes. Ces nouveaux atterrisseurs affichent entre 10 et 20 fois cette masse. Le calendrier de vol d'Artemis III en 2027 coïncide avec l'effort plus large de la NASA pour établir une infrastructure lunaire permanente au début des années 2030. L'agence prévoit de positionner une station Gateway en orbite autour de la Lune, fournissant un point de transit pour les missions de surface et l'exploration de l'espace lointain. Artemis IV inaugurera Gateway tout en atterrissant simultanément l'équipage sur le pôle sud lunaire, où des cratères en permanence à l'ombre contiennent de la glace d'eau critique pour maintenir une présence humaine. Maîtriser les procédures de rendez-vous sur Artemis III déterminera si ce calendrier tient ou dérape encore plus vers les années 2030, car la NASA a déjà repoussé plusieurs fois les dates d'atterrissage sur la Lune depuis l'annonce d'Artemis en 2019.