En juillet 2025, la Hongrie a adopté la loi sur la 'Protection de l'identité locale', conférant aux autorités municipales des pouvoirs sans précédent pour réglementer la résidence et les acquisitions immobilières. Cette législation permet aux gouvernements locaux d'imposer des conditions aux nouveaux résidents, telles que l'exigence d'un casier judiciaire vierge, la preuve d'un emploi ou le paiement d'une contribution de règlement. Bien qu'elle vise à préserver le tissu culturel et social des communautés, la loi a été critiquée pour son impact disproportionné sur la population rom de Hongrie, le plus grand groupe minoritaire du pays. Le Centre européen des droits des Roms (CEDR) a condamné la loi comme une forme d' 'apartheid furtif', arguant qu'elle fournit un cadre juridique à la ségrégation raciale. Le CEDR souligne que les municipalités peuvent désormais adopter des décrets qui excluent systématiquement les individus roms de leur installation dans leurs villes et villages. Par exemple, la ville de Sátoraljaújhely a mis en œuvre un décret exigeant que les nouveaux résidents aient un diplôme de lycée, parlent hongrois et paient une contribution de règlement, excluant efficacement de nombreux Roms. Les organisations de défense des droits de l'homme et les experts en droit ont exprimé des inquiétudes selon lesquelles la loi viole les directives anti-discrimination de l'UE et la Convention européenne des droits de l'homme. Ils soutiennent que la législation institutionnalise la ségrégation raciale et compromet les droits de la communauté rom. Le Parlement européen a mis en doute la compatibilité de la loi avec le droit de l'UE, soulignant le potentiel de discrimination systémique. La mise en œuvre de la loi a entraîné des tensions croissantes et des manifestations. En janvier 2026, plus d'un millier de manifestants, dont beaucoup de la communauté rom, ont manifesté à Budapest, exigeant la démission de János Lázár, ministre hongrois de la Construction et des Transports, pour des commentaires perçus comme racistes. Lázár avait qualifié la population rom d' 'réserve interne' pour des tâches que d'autres refusent de remplir, alimentant encore les accusations de discrimination systémique. La loi sur la 'Protection de l'identité locale' illustre une tendance plus large en Hongrie de politiques que les critiques arguent marginaliser les communautés minoritaires sous le prétexte d'intérêts nationaux. L'impact de la loi sur la communauté rom souligne les défis persistants pour lutter contre la discrimination et garantir l'égalité des droits pour tous les citoyens en Hongrie.