En plus des points déjà abordés, il est important de décrire l'infrastructure actuelle de l'énergie nucléaire en Hongrie et de considérer les implications les plus graves si les opérations de la centrale de Paks étaient sévèrement réduites ou complètement arrêtées. La Hongrie exploite une seule centrale nucléaire - la centrale nucléaire de Paks - composée de quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de conception soviétique VVER‑440/V‑213. Ces quatre réacteurs fournissent ensemble près de 1 916 mégawatts de capacité nette et représentaient environ la moitié de la production d'électricité du pays à la mi-2026. Un nouveau réacteur (Paks II‑5) d'une capacité d'environ 1 185 MWe est actuellement en construction sur le site. Les scénarios les plus pessimistes pour l'arrêt de ces réacteurs incluent des conséquences sévères pour la sécurité énergétique de la Hongrie, la stabilité du réseau et la résilience économique. Si l'ensemble de la centrale de Paks devait être mise hors ligne, la Hongrie pourrait perdre presque la moitié de sa production d'électricité domestique instantanément. Le vide résultant mettrait une pression énorme sur le réseau national et pourrait déclencher des pénuries d'électricité généralisées ou des coupures de courant. Les importations en provenance des pays voisins devraient augmenter considérablement - à un coût substantiel et avec des défis logistiques considérables. De plus, des pannes prolongées pourraient accélérer l'inflation des prix de l'énergie et impacter des infrastructures critiques telles que les hôpitaux, les industries énergivores et les chaînes d'approvisionnement. En l'absence de secours adéquats, il existe également un risque d'instabilité du réseau ou même de coupures de courant pendant les pics de demande. De plus, bien que Paks II soit en cours, il ne sera pas opérationnel avant plusieurs années et ne peut pas être compté à court terme pour atténuer une fermeture immédiate ; en outre, des retards de construction ou une incertitude politique - en particulier liée aux partenariats internationaux - pourraient encore retarder sa contribution au réseau. Enfin, une fermeture complète pourrait compromettre les objectifs climatiques de la Hongrie. Éliminer une source de production à faible émission de carbone du mix énergétique entraînerait probablement une dépendance accrue à la production d'énergie à partir de combustibles fossiles, augmentant les émissions de gaz à effet de serre et déstabilisant la trajectoire de décarbonisation du pays. Ces considérations soulignent l'importance cruciale de préserver les opérations de Paks à court terme, de déployer des sources d'énergie de secours et d'accélérer à la fois le déploiement des énergies renouvelables et les mises à niveau stratégiques des infrastructures. Note : Explication de l'acronyme - VVER signifie Réacteur à eau refroidie, à eau modérée (un design soviétique de réacteur à eau pressurisée).