Les procureurs français ont convoqué Elon Musk à Paris pour une audition libre, le lundi 20 avril 2026, dans le cadre d'une enquête en cours portant sur des comportements inappropriés allégués de X (anciennement Twitter) et de sa direction. Le bureau du procureur de Paris a ouvert l'enquête en janvier 2025, examinant de nombreuses plaintes concernant des échecs de modération de contenu, une amplification potentielle des discours de haine et des violations possibles des lois françaises sur les services numériques. Musk, qui a acquis la plateforme en 2022 pour 44 milliards de dollars, a choisi de ne pas se présenter pour l'audition prévue. L'enquête représente la dernière escalade des tensions entre Musk et les régulateurs européens, qui sont de plus en plus frustrés par l'approche de X en matière de modération de contenu sous sa direction. Les lois numériques françaises, alignées sur la Loi sur les services numériques (DSA) de l'Union européenne, imposent des obligations strictes aux grandes plateformes pour enlever les contenus illégaux, lutter contre la désinformation et fournir des transparences sur les systèmes algorithmiques. La DSA, qui est pleinement applicable depuis février 2024, donne aux régulateurs des pouvoirs vastes pour infliger des amendes aux plateformes allant jusqu'à 6 % de leur chiffre d'affaires mondial pour des violations graves. La décision de Musk de sauter l'audition présente des risques juridiques importants. Bien que la convocation concernait une audition libre, un entretien volontaire selon la procédure pénale française, son absence pourrait inciter les procureurs à passer à une convocation plus contraignante ou à délivrer un mandat d'arrêt international par le biais d'Interpol. La France a pris une position agressive en matière de réglementation technologique, et les procureurs pourraient considérer ce non-respect comme un outrage à l'autorité judiciaire française. Cette manœuvre met également en péril les opérations européennes de X, car les régulateurs pourraient chercher à restreindre l'accès à la plateforme ou à accélérer les actions d'application. Le timing est particulièrement précaire pour Musk, qui fait face à de multiples batailles réglementaires à travers l'Europe. La Commission européenne a déjà lancé des procédures formelles DSA contre X, citant des préoccupations concernant les politiques de comptes vérifiés et la transparence de la modération de contenu. L'Agence fédérale des réseaux allemande a menacé des amendes pour des plaintes de discours de haine, et la Loi sur la sécurité en ligne du Royaume-Uni impose une responsabilité pénale aux dirigeants pour des échecs de sécurité systémiques. En snobant les autorités françaises, Musk risque de transformer ce qui aurait pu être une enquête légale gérable en une répression européenne coordonnée. L'ampleur de l'enquête reste quelque peu opaque, mais des rapports médiatiques français suggèrent que les procureurs examinent si les algorithmes de recommandation de X amplifient systématiquement des contenus violents, des discours de haine et de la désinformation en violation du droit pénal français. Ils scrutent également si les déclarations publiques de Musk et les changements de politique de la plateforme constituent des preuves de négligence volontaire dans la modération des contenus illégaux. Les lois françaises sur le discours de haine et l'incitation comportent des peines criminelles, et les dirigeants peuvent être tenus pour responsables personnellement des défaillances systémiques de la plateforme qui permettent des crimes graves.