Les autorités italiennes ont arrêté Eitan Bondì suite à une fusillade lors des célébrations du Jour de la Libération en Italie le 25 avril, l'une des fêtes nationales les plus importantes du pays marquant la fin du régime fasciste en 1945. Le jeune homme de 25 ans ne portait pas d'armes à feu réelles mais plutôt des pistolets airsoft, ainsi qu'un arsenal de couteaux, lorsqu'il a prétendument ouvert le feu dans ce que les enquêteurs qualifient d'attaque à motivation politique. Le timing n'était pas accidentel : le Jour de la Libération attire d'immenses foules de manifestants antifascistes, d'activistes de gauche et de vétérans dans les villes italiennes, en faisant un point de tension symbolique pour la violence politique. Bondì mène une double vie qui ressemble à un mauvais scénario de thriller. Le jour, il s'échine sur ses cours d'architecture dans une université italienne. La nuit, ou du moins le week-end, il travaille comme agent immobilier, montrant des appartements et négociant des baux. Cette dualité professionnelle prend maintenant un air sombrement ironique : quelqu'un qui construit littéralement des espaces et vend des maisons aurait choisi de détruire la paix publique. Les enquêteurs n'ont pas divulgué l'université qu'il fréquente ni l'agence immobilière qui l'employait, mais les deux institutions essaient probablement de supprimer leur association à son nom. L'enquête s'est orientée vers l'extrémisme organisé. La police pense que Bondì n'est pas un loup solitaire mais plutôt membre d'une cellule dans l'un des nombreux groupes obscurs apparus après le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas a attaqué Israël et déclenché la guerre actuelle de Gaza. Ces groupes, selon des sources du renseignement italien, auraient orchestré une campagne de vandalisme et de provocations visant tout ce qui est associé à la solidarité palestinienne : mosquées taguées, fresques pro-Gaza dégradées, banderoles de solidarité arrachées. La fusillade du 25 avril semble être une escalade, passant des dommages matériels à la confrontation physique, franchissant une ligne qui inquiète sérieusement les services de sécurité italiens. Ce qui rend ce cas particulièrement épineux, c'est le choix des armes. Les pistolets airsoft tirent des balles en plastique et sont légaux en Italie avec des restrictions minimales, occupant une zone grise entre jouets et armes. Ils peuvent causer des blessures à courte distance mais tuent rarement, ce qui soulève des questions sur l'intention de Bondì : était-ce censé être une violence symbolique, une provocation théâtrale conçue pour terroriser sans causer de pertes massives ? Ou manquait-il simplement d'accès à de vraies armes à feu dans un pays avec des lois relativement strictes sur les armes ? Quoi qu'il en soit, les procureurs italiens le traitent comme une menace sérieuse. Les couteaux trouvés sur lui n'étaient pas des pistolets airsoft. Le paysage politique italien est devenu de plus en plus volatil depuis le début de la guerre de Gaza. Le gouvernement de droite de la Première ministre Giorgia Meloni marche sur une corde raide entre le soutien à Israël et la gestion de la grande population musulmane de l'Italie, tandis que les groupes d'opposition de gauche ont organisé d'énormes manifestations pro-palestiniennes. Le Jour de la Libération, traditionnellement une célébration de gauche, est devenu une cocotte-minute où ces tensions éclatent. Si Bondì fait effectivement partie d'un réseau organisé, les autorités italiennes font face à une vérité inconfortable : la violence politique n'est plus seulement du terrorisme importé mais une radicalisation intérieure alimentée par des conflits internationaux à des milliers de kilomètres.