Un navire de croisière dans l'océan Atlantique est devenu l'épicentre d'une flambée rare et mortelle de hantavirus, une maladie que l'on associe généralement aux cabanes rurales et aux granges, pas aux navires de croisière. Trois passagers sont confirmés morts, dont un couple néerlandais âgé, et trois autres se battent pour leur vie. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé au moins un cas de hantavirus par des tests de laboratoire et travaille avec les autorités sanitaires sud-africaines pour évacuer les passagers malades restants. Un patient est déjà en soins intensifs en Afrique du Sud, tandis que deux autres attendent une évacuation d'urgence du navire. Le hantavirus est transmis par contact avec l'urine, les excréments ou la salive de rongeurs, ce qui signifie que quelque part sur ce navire de croisière, les passagers ont rencontré des surfaces contaminées ou inhalé des particules en suspension provenant des déchets de rongeurs. Le virus ne se propage pas de personne à personne dans ses formes les plus courantes, il ne s'agit donc pas d'un scénario de contagion où un passager infecté l'aurait transmis à d'autres. Au lieu de cela, plusieurs personnes ont probablement été en contact avec la même zone contaminée, peut-être une salle de stockage, un système de ventilation ou une zone de préparation des aliments où les rongeurs s'étaient installés. La période d'incubation varie d'une à cinq semaines, ce qui suggère que l'exposition s'est produite relativement tôt dans le voyage. La géographie de cette flambée est cruciale. Le navire naviguait dans l'Atlantique et les autorités sud-africaines sont impliquées, ce qui suggère qu'il est soit parti de, soit en route vers l'Afrique du Sud. Les souches de hantavirus varient selon les régions, avec différentes espèces de rongeurs portant différents variants. En Amérique, le virus Sin Nombre (porté par les souris sylvestres) provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), qui a un taux de mortalité d'environ 36 %. En Europe, Asie et Afrique, les hantavirus provoquent généralement une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (HFRS), qui est moins mortelle mais toujours grave. La souche spécifique impliquée ici déterminera les protocoles de traitement et aidera les enquêteurs à retracer comment les rongeurs sont montés à bord. Les navires de croisière sont censés être des forteresses contre les nuisibles. Ils subissent des inspections régulières, maintiennent des protocoles de salubrité stricts et emploient des équipes de lutte contre les nuisibles précisément pour éviter des scénarios comme celui-ci. Le fait que des rongeurs soient non seulement montés à bord mais aient établi une présence suffisante pour infecter plusieurs passagers suggère soit une défaillance catastrophique du contrôle au port, une cargaison ou des provisions contaminées chargées à une escale, soit une infestation qui est passée inaperçue pendant des semaines. Les navires accostent fréquemment pour charger de la nourriture, des fournitures et de l'équipement, et l'une de ces transactions pourrait être le vecteur si les protocoles d'inspection appropriés n'étaient pas suivis. L'implication de l'OMS indique que ce n'est pas traité comme un incident de santé de routine. Des enquêtes détaillées sont en cours, y compris le séquençage génomique du virus pour identifier sa souche et son origine exactes. Les autorités devront inspecter chaque recoin du navire, tester des échantillons environnementaux, poser des pièges pour confirmer la présence de rongeurs, et interroger l'équipage et les passagers sur les endroits où ils ont passé du temps. La réputation de la compagnie de croisière est en jeu, tout comme la confiance de l'ensemble de l'industrie. Si les rongeurs peuvent infiltrer un navire de croisière moderne et tuer des passagers, chaque compagnie devra répondre à des questions sur leurs propres mesures de lutte contre les nuisibles.