Mohan Bhagwat, le Sarsanghchalak (leader suprême) du Rashtriya Swayamsevak Sangh, a prononcé une déclaration mesurée mais notable sur les droits des LGBTQ+ lors d'un événement dimanche à Hyderabad. S'exprimant depuis la scène, Bhagwat a déclaré que la communauté ne devrait pas être vue avec un 'sentiment d'infériorité' et a souligné que les individus LGBTQ+ font partie intégrante de la société. Il a fait la distinction entre les conditions qui peuvent être 'traitées' et celles qui sont inhérentes, déclarant : 'Certains naissent ainsi par nature. Nous ne pouvons rien y faire, ils ne peuvent rien y faire. Ce sont aussi des êtres humains. Ils ont le droit de vivre.' Le RSS, une organisation nationaliste hindoue fondée en 1925, s'est historiquement aligné sur des positions sociales conservatrices et sert de colonne vertébrale idéologique au Bharatiya Janata Party (BJP), qui gouverne l'Inde depuis 2014. Les commentaires de Bhagwat représentent un changement nuancé par rapport au discours typique du Sangh, qui a souvent été silencieux ou hostile sur les questions LGBTQ+. Il a fait référence à la tradition hindoue, affirmant : 'Dans notre société, il existe un système pour eux. Ils ont leurs divinités, leurs temples, même des Mahamandaleswar [leaders religieux].' Cette invocation de précédents culturels est une tactique classique du RSS, présentant des positions progressistes comme enracinées dans la pratique hindoue ancienne plutôt que dans le libéralisme occidental. Pourtant, Bhagwat s'est arrêté avant de soutenir le mariage entre personnes de même sexe ou l'égalité légale complète. Son langage était prudent, évitant un soutien explicite aux efforts de dépénalisation ou à la décision de la Cour suprême de 2018 qui a annulé l'article 377 du Code pénal indien, qui avait criminalisé les actes homosexuels. Au lieu de cela, il a plaidé pour une 'perspective holistique et intégrée' qui accueille discrètement les individus LGBTQ+ sans 'bruit ni spectacle public'. Cela révèle le manuel du RSS : acceptation sociale sans agitation politique. Le timing est important. La communauté LGBTQ+ de l'Inde a été sous les projecteurs depuis que la Cour suprême a refusé en 2023 de légaliser le mariage entre personnes de même sexe, se référant au Parlement. Le gouvernement Modi, soutenu par le RSS, est resté non engagé, ne défendant ni les droits queer ni ne les annulant activement. Les remarques de Bhagwat pourraient signaler que le Sangh teste le sentiment public avant de futures batailles législatives, ou elles pourraient simplement être un habillage rhétorique conçu pour adoucir l'image du RSS face à un examen mondial. Les activistes restent divisés. Certains voient les mots de Bhagwat comme un progrès, une rare reconnaissance d'un puissant conservateur. D'autres les rejettent comme un tokenisme creux, soulignant que le RSS n'a jamais fait pression pour des lois anti-discrimination ou n'a publiquement condamné la violence contre les individus LGBTQ+. La déclaration intervient également dans un contexte de manœuvres politiques plus larges, alors que le BJP fait face à des critiques concernant les réformes éducatives, le chômage et la violence ethnique. Une ligne plus douce sur les questions sociales pourrait être une tentative calculée d'élargir l'attrait du Sangh au-delà de sa base dure. L'invocation par Bhagwat de la 'nature' et de la biologie est également problématique. En présentant la queerité comme quelque chose d'inné et d''incurable', il pourrait renforcer involontairement l'idée que l'hétérosexualité est la norme et que l'identité LGBTQ+ est une aberration à tolérer plutôt qu'à célébrer. Pourtant, dans un pays où les défilés de fierté ont été attaqués et où les individus queer font face à une discrimination quotidienne, même une acceptation conditionnelle de la part du RSS a du poids. Que cela se traduise par un changement de politique ou reste confiné aux discours de dimanche, définira son véritable impact.
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Le chef du RSS déclare que la communauté LGBTQ+ mérite le respect, pas le mépris
Dans un départ surprenant de la rhétorique dure, Mohan Bhagwat, chef du puissant RSS (Rashtriya Swayamsevak Sangh) en Inde, a déclaré publiquement que les personnes LGBTQ+ ne devraient pas être vues avec mépris et font partie de la société. S'exprimant à Hyderabad dimanche, il a reconnu que certaines orientations sont biologiques et irréversibles, appelant à l'inclusion sociale plutôt qu'à l'ostracisme. Émanant du parent idéologique du parti au pouvoir en Inde, le BJP, ces remarques ont suscité à la fois des éloges et du scepticisme quant à l'évolution de la position du Sangh sur les droits des personnes queer.
Mon avis
La déclaration de Bhagwat est typique du RSS : suffisamment progressive pour faire les gros titres, assez vague pour éviter tout engagement. Le Sangh aime se positionner comme le gardien des 'vraies' valeurs hindoues, réinterprétant les écritures pour s'adapter à la politique moderne. En affirmant que l'Inde ancienne avait déjà de la place pour les personnes LGBTQ+, Bhagwat évite le fait gênant que le RSS n'a jamais lutté pour leurs droits dans le présent. Il s'agit d'un repositionnement tactique, pas d'une évolution morale. Le RSS sait qu'il ne peut pas se permettre d'être perçu comme régressif sur la scène mondiale, surtout alors que l'Inde courtise les investissements occidentaux et le pouvoir diplomatique. Mais les mots sont peu coûteux. Tant que le Sangh ne soutient pas activement une législation anti-discrimination, ne s'oppose pas aux crimes de haine et ne fait pas pression sur le BJP pour accorder l'égalité matrimoniale complète, ce n'est qu'une tolérance performative. La communauté LGBTQ+ mérite plus que des platitudes de la part d'un homme qui dirige une organisation qui a historiquement défendu des rôles de genre rigides et l'hétéro-normativité. Ce qui est révélateur, c'est ce que Bhagwat n'a pas dit. Il n'a pas condamné la violence lors du défilé de la fierté à Berlin, où 29 personnes ont été blessées lors d'une attaque apparemment motivée par la haine. Il n'a pas appelé à des lois contre les crimes de haine en Inde, où les individus queer sont régulièrement harcelés. Il n'a pas soutenu l'égalité matrimoniale ou les droits d'adoption. Il a simplement dit : 'Laissons-les vivre tranquillement.' Ce n'est pas un progrès. C'est de l'invisibilité déguisée en inclusion.
Et ensuite ?
Le véritable test est de savoir si le BJP, qui tire ses ordres idéologiques du RSS, traduira les mots de Bhagwat en actions législatives. La prochaine session du Parlement pourrait voir un débat renouvelé sur les protections contre la discrimination, surtout si les partis d'opposition s'emparent de cette déclaration pour exiger des projets de loi concrets. Les activistes observeront de près si les affiliés du Sangh font écho à la rhétorique de Bhagwat ou l'ignorent discrètement. À l'international, les remarques pourraient fournir une couverture diplomatique au gouvernement Modi, qui a fait face à des critiques occidentales concernant les droits de l'homme. Attendez-vous à ce que les diplomates indiens citent la déclaration de Bhagwat lors de forums de l'ONU et de discussions bilatérales comme preuve de l'ethos 'inclusif' du pays. Mais sur le plan national, le véritable champ de bataille est la législation au niveau des États. Les États gouvernés par le BJP introduiront-ils des ordonnances anti-discrimination ? Les écoles affiliées au Sangh mettront-elles à jour les programmes pour enseigner l'acceptation des LGBTQ+ ? Ne retenez pas votre souffle. La communauté LGBTQ+, quant à elle, est dans une phase d'attente. Les mots de Bhagwat pourraient encourager certains individus queer dans des foyers conservateurs à faire leur coming-out, mais ils ne stopperont pas la discrimination sur les lieux de travail, dans les hôpitaux ou sur le marché du logement. Tant que le RSS ne soutiendra pas la réforme légale avec le même zèle qu'il apporte à la protection des vaches ou à la construction de temples, ce n'est que du bruit. Les six prochains mois révéleront si la déclaration de Bhagwat était un véritable pivot ou un simple extrait sonore conçu pour désamorcer les critiques.
Ce que l'histoire nous apprend
La relation de l'Inde avec les droits des LGBTQ+ a été un véritable parcours du combattant. L'article 377 du Code pénal indien, une loi coloniale criminalisant 'les rapports sexuels contre l'ordre de la nature', a été annulé par la Cour suprême en 2018 après des décennies d'activisme. Pourtant, la même cour, en 2023, a refusé de légaliser le mariage entre personnes de même sexe, qualifiant cela de question à soumettre au Parlement. Le RSS, malgré ses revendications de tolérance hindoue ancienne, est resté largement silencieux pendant la lutte pour la dépénalisation et n'a jamais soutenu publiquement l'égalité matrimoniale. Historiquement, les textes hindous et les sculptures des temples représentent l'intimité entre personnes de même sexe et la fluidité de genre. Le Kamasutra reconnaît le désir queer, et les communautés hijra existent depuis des siècles. Mais la version du hindouisme du RSS est une construction assainie, d'époque victorienne, qui emprunte davantage à la pudibonderie britannique qu'à l'ouverture védique. L'invocation de la tradition par Bhagwat est au mieux sélective, au pire instrumentalisée. Le Sangh n'hésite pas à citer des textes anciens quand cela lui convient, mais ignore commodément ces mêmes textes lorsqu'ils contredisent des objectifs politiques contemporains.