Les États-Unis sont entrés en guerre avec l'Iran au début de 2026, et l'Europe a dit non. Pas peut-être, pas éventuellement, juste non. L'Espagne et l'Italie ont refusé de laisser les avions transportant des armes américaines utiliser leurs bases. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont refusé d'envoyer des troupes. Ce n'était pas le flottement diplomatique habituel. Les dirigeants européens ont tracé une ligne dure parce que la guerre de Trump n'a ni mandat de l'ONU (Organisation des Nations Unies) ni approbation de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord). Pour des pays qui ont construit tout leur ordre d'après-guerre sur les institutions internationales, c'est un point de rupture. Les conséquences économiques sont brutales. Le détroit d'Hormuz, le passage étroit entre l'Iran et Oman par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est effectivement fermé. Les prix de l'essence montent en flèche, les chaînes d'approvisionnement se bloquent, et les craintes d'inflation montent dans toute l'Europe. Au lieu de supplier Washington de l'aider, les dirigeants européens coordonnent leur propre réponse. Le 17 avril, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont accueilli 49 pays à Paris pour planifier une mission neutre garantissant le passage sûr par Hormuz une fois les combats terminés. La France et le Royaume-Uni sont prêts à déployer des forces navales, mais uniquement pour le maintien de la paix, pas pour la guerre de Trump. Ce n'est pas juste de la gestion de crise. C'est l'aboutissement d'un changement qui a commencé le jour où Trump est revenu au pouvoir en janvier 2025. Depuis lors, l'Union européenne et ses États membres ont signé six nouveaux partenariats stratégiques de défense au niveau de l'UE, plus une douzaine d'accords bilatéraux avec des pays non membres de l'UE. Les menaces de Trump de s'emparer du Groenland en janvier 2026 ont déclenché une réaction immédiate de l'Europe : le Danemark et l'UE ont gelé un accord commercial avec les États-Unis, lancé l'opération Arctic Endurance (un exercice militaire au Groenland), et réaffirmé publiquement la souveraineté danoise. Chaque fois que Trump essaie de diviser l'Europe, il l'unit accidentellement. La guerre en Iran a brisé quelque chose d'important dans la stratégie européenne de Trump. Pendant des années, le mouvement MAGA (Make America Great Again) a courtisé des dirigeants d'extrême droite comme Viktor Orbán en Hongrie et le parti AfD (Alternative pour l'Allemagne), pariant qu'ils pourraient fracturer le consensus de l'UE. Puis Orbán a perdu son élection du 13 avril contre le modéré Péter Magyar après 16 ans de règne autocratique. Trois jours plus tard, Giorgia Meloni, ancienne alliée européenne la plus proche de Trump, est apparue à Paris aux côtés de Macron, Starmer, et du chancelier allemand Friedrich Merz. Les attaques de Trump contre le pape François ont aliéné la base électorale catholique de Meloni, et son imprévisibilité est devenue une responsabilité qu'elle ne pouvait se permettre. La Commission européenne saisit l'occasion. La direction du bloc accélère les plans pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles, sécuriser des réseaux d'approvisionnement alternatifs, et accélérer l'électrification grâce à l'énergie nucléaire et renouvelable. La Banque centrale européenne a averti en février 2026 que le blocus d'Hormuz pourrait déclencher des chocs simultanés d'inflation et de chômage. Cette menace économique l'emporte maintenant sur toute loyauté idéologique d'un État membre envers Moscou ou Washington. La sécurité énergétique est devenue le lien qui unit, même entre des pays qui d'habitude ne peuvent pas s'entendre sur le déjeuner.