UK Sport a été chargé par le gouvernement de réaliser une évaluation stratégique initiale pour une candidature aux Jeux olympiques et paralympiques potentielle centrée dans le nord de l'Angleterre. Le calendrier cible soit les Jeux d'été de 2040 ou 2044, plaçant toute éventuelle responsabilité d'accueil à environ deux décennies. Cela marque la première exploration britannique sérieuse d'une candidature olympique depuis Londres 2012, qui a coûté aux contribuables britanniques environ 8,77 milliards de livres sterling en fonds publics et a laissé derrière elle un héritage mitigé de quartiers de l'est de Londres régénérés et de stades ayant du mal à trouver des locataires permanents. Le cadre "multi-ville" reflète les réformes de l’Agenda 2020+5 du Comité International Olympique (CIO), qui encouragent l'accueil partagé pour réduire les coûts et les charges d'infrastructure. Dans ce modèle, des villes comme Manchester, Liverpool, Leeds, Newcastle et Sheffield pourraient se répartir les événements plutôt qu'une seule municipalité ne prenne en charge toute l'opération. Natation dans les installations aquatiques existantes de Manchester, athlétisme dans un stade rénové à Leeds, voile au large du front de mer de Liverpool. Le modèle a plutôt bien fonctionné pour l'Euro 2020 (qui s'est déroulé en 2021), lequel a dispersé les matchs à travers onze villes européennes et a évité la construction ruineuse de stades pour Brasil et la Russie. Mais les études de faisabilité sont bon marché. Les véritables Jeux olympiques ne le sont pas. Brisbane, en Australie, organisera les Jeux de 2032 avec un budget prévisionnel de 5 milliards de dollars australiens, bien que l'histoire suggère que ce chiffre va exploser. Paris 2024 s'annonçait à environ 8,8 milliards d'euros. Tokyo 2020 a atteint une somme vertigineuse de 13 milliards de dollars après les retards dus à la pandémie. Le nord de l'Angleterre devrait démontrer non seulement qu'il peut accueillir, mais qu'il ne deviendra pas une autre mise en garde d'un dépassement de coûts, de corruption et de sites en ruine cinq ans après la cérémonie de clôture. Les optiques politiques ici sont inévitables. Le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer a fait du "nivellement" du Nord une priorité rhétorique, héritant du slogan des promesses abandonnées de Boris Johnson. Une candidature olympique du Nord s'inscrit directement dans ce discours, offrant une contrepoids à la gravité centrée sur Londres en matière de dépenses d'infrastructure, d'investissement culturel et de prestige international. Manchester a accueilli avec succès les Jeux du Commonwealth de 2002, transformant le quartier de Sportcity de la ville. Liverpool a des crédits de patrimoine mondial de l'UNESCO pour son front de mer (bien qu'elle ait perdu ce statut en 2021 en raison du surdéveloppement). Leeds et Sheffield ont des cultures sportives loyales et des infrastructures existantes. Pourtant, le CIO est notoirement exigeant, et la concurrence pour 2040 ou 2044 sera difficile. L'Inde a exprimé son intérêt pour 2036. L'Indonésie, l'Égypte et une candidature potentielle de la Corée sont tous en lice. Le CIO privilégie de plus en plus les démocraties stables avec des infrastructures existantes et des antécédents de livraison avérés, ce qui est en faveur de la Grande-Bretagne. Mais le comité aime aussi le spectacle, la modernité et la promesse de marchés inexploités. Une candidature du nord de l'Angleterre offre de la compétence, pas du glamour. Que cela soit suffisant dépend entièrement de ce que l'étude de faisabilité révèle et si le Trésor est prêt à signer les chèques.