L'incapacité à se souvenir des événements de la petite enfance, connue sous le nom d'amnésie infantile, intrigue les scientifiques depuis des décennies. Des recherches récentes suggèrent que cela n'est pas dû à un manque de formation des souvenirs, mais à des difficultés d'accès à ces souvenirs en vieillissant. Des études indiquent que les nourrissons peuvent former des souvenirs, mais le développement rapide de leur cerveau peut rendre ces souvenirs inaccessibles plus tard dans la vie. Une théorie postule que l'hippocampe, la région du cerveau responsable de la formation des souvenirs, subit un développement significatif pendant la petite enfance. Cette croissance rapide pourrait perturber les circuits neuronaux associés aux premiers souvenirs, les rendant difficiles à récupérer. Une autre perspective souligne le rôle du langage et de la conscience de soi dans la formation des souvenirs. Avant de développer un sens de soi et des compétences linguistiques, les enfants peuvent manquer du cadre cognitif nécessaire pour encoder et récupérer ultérieurement des souvenirs autobiographiques. De plus, le processus de taille synaptique, où le cerveau élimine les connexions neuronales inutilisées, peut contribuer à l'effacement des premiers souvenirs. Cette taille améliore l'efficacité cognitive mais peut également entraîner la perte de souvenirs accédés moins fréquemment. Malgré ces défis, certains chercheurs pensent que les expériences précoces, même si elles ne sont pas consciemment rappelées, continuent d'influencer le comportement et la cognition. L'absence de souvenirs explicites ne signifie pas que ces expériences sont entièrement perdues ; elles peuvent façonner notre développement de manière subtile.